Bonjour à toutes et à tous.
Retour aujourd’hui vers l’actualité des galeries parisiennes avec une exposition qui a démarré samedi dernier, le 15 décembre, à la galerie Chantal Crousel. Intitulée “Shadows and other signs of life”, elle est consacrée à Andy Warhol, et plus particulièrement à une sélection de ses travaux de recherche des années 70.
Pour tous les amateurs de Warhol et de ses nombreux champs d’expérimentation, cette exposition est incontournable par le nombre et la qualité des pièces présentées.
A travers, tant des peintures que des dessins que des photos, du figuratif et de l’abstrait, de la couleur et du noir et blanc, cette exposition trace le contour d’une réflexion menée autour du sujet et de son double inséparable, son ombre.
J’ai, pour ma part, apprécié dans cette exposition deux types de travaux.
D’une part des oeuvres assez éloignées des grands classiques qui ont forgé la notoriété de Warhol. Celles-ci donnent à voir le travail d’étude, d’interrogation, d’expérimentation. Les dessins en particulier révèlent une vision personnelle, presqu’intérieure du questionnement de l’artiste.
D’autres part, et en particulier les photographies, des oeuvres plus achevées, proches de ce que nous connaissons, avec des natures mortes à la faucille et au marteau, ou des natures mortes mettant en scène des déchets de notre société de consommation, et qui entrent en résonnance avec les “Vanités” du 17ème siècle hollandais.
Parmi les oeuvres présentées, un certain nombre sont des pièces uniques d’une qualité rare. Inutile donc de vous préciser que les prix sont en conséquence (on démarre au-dessus de la dizaine de millier d’euros et après, on monte …). Mais rien ne saurait gâcher le plaisir des yeux …
Et comme argument supplémentaire, deux des photographies présentées.

Hammer and Sickle, 1976 - 1977, (c) Andy Warhol Foundation for the Visual Arts & Galerie Chantal Crousel.

Hammer and Sickle, 1976 - 1977, (c) Andy Warhol Foundation for the Visual Arts & Galerie Chantal Crousel.
La galerie Chantal Crousel est située 1O rue charlot, Paris 3ème (tel : 01 42 77 38 87). Elle est ouverte du mardi au samedi de 14h à 19h (horaires à vérifier en leur téléphonant, surtout pour la période des fêtes …). Plus d’infos pratiques ici.
Cette exposition me donne aussi l’occasion de vous parler d’un film que j’ai, enfin, vu en DVD : Factory girl.
Ce film raconte l’histoire d’Edie Segdwick, muse d’Andy Warhol, pendant les années 1965-1966 qui furent celles de leur collaboration.
J’ai eu un peu de mal à reconstituer la trajectoire cahotique de ce film, dont j’ai le sentiment d’avoir beaucoup entendu parlé, essentiellement du fait de la présence de Sienna Miller dans le rôle principal, dont j’ai guetté la sortie en salle, vainement d’ailleurs puisqu’il n’est, après vérification, pas sorti sur les écrans français …
En désespoir de cause, je l’ai acheté en import zone 1, et j’ai réussi à le voir à l’aide du Pingoin Linux qui a plus d’un tour dans son sac !
En tant que fan des Sixties, et en particulier de ce tournant de la décennie qui a vu le basculement de la société vers l’élan libertaire, avec tout ce que cela a comporté de créativité et d’expérimentation, j’étais forcément intéressée par ce film, et je n’ai pas été déçue, bien au contraire.
Voici donc mes 5 bonnes raisons de voir ce film.
- Tout d’abord, ce film permet de connaître un peu mieux l’histoire d’Edie Sedgwick, figure marquante de la scène new yorkaise à la fin des années 60, du fait de son travail avec Warhol, mais pas seulement … Le film est composé de différents flash back, et le fil directeur est une voie off, celle d’Edie, sur la base des enregistrements qu’elle a effectués sur l’histoire de sa vie, un peu avant sa mort au début des années 70.
- Le film présente une belle reconstitution des années 65-66 tant à New York qu’à Paris, où Warhol et Sedgwick ont fait un voyage.
- Ce travail de reconstitution s’étend, bien entendu, à la mode, avec les tenues incoyables de Edie/Sienna, du orange partout, les boucles d’oreilles “chandelier”, l’imprimé léopard, … Un régal pour toute stylish girl qui se respecte …
- Le film est aussi très intéressant par les différentes techniques visuelles qui sont juxtaposées : noir et blanc et couleur, fausses images d’archives, … Ces procédés cinématographiques font ressortir la trame narrative, guident le spectateur dans les différents moments du récit, et le plongent au coeur de l’ambiance de cette époque.
- Les interprètes. En dépit du phénomène “people” qui l’entoure, je continue de trouver que Sienna Miller est une excellente actrice, qui s’affirme de film en film, et qui réalise dans Factory girl une prestation qui vaut le détour. Elle n’est pas seule à tenir de haut de l’affiche, car Guy Pearce, vu dans LA Confidential dans le rôle du jeune flic idéaliste et ambitieux, campe un Andy Warhol plus vrai que nature.
Ce film, dont le rythme est assez rapide, est un concentré de l’esprit de l’époque tel qu’il est passé à la postérité, et constitue de mon point de vue, une belle réussite cinématographique.
Une fois que je vous ai dit tout ça, quelques images du film pour rendre les choses plus concrètes …
L’interprétation de Sienna Miller.


Le moment de la rencontre entre Edie et Warhol (Guy Pearce) …

Leur proximité affective et intellectuelle … (la fourrure, la casquette en cuir, les lunettes, le collier !!!) …

… sous l’oeil omni-présent des média (déjà !).


(Les boucles d’oreilles !)



L’incroyable ambiance de la Factory.


L’ombre discrète de Diana Vreeland, autre figure mythique de l’époque.

Paris, qui sera toujours Paris ! Admirable cette tour Eiffel sans la tour Montparnasse derrière ! Et l’arc de triomphe sans La Défense et avec les vieilles voitures !


Et pleins de looks de l’époque !



Je vous laisse sur ces images d’un monde qui, par de nombreux côtés, a été précurseur du nôtre (l’importance des media, la course à la célébrité, …), sans parler de la mode qui se réinterprète à l’infini.
Si vous êtes intéressés pour acheter le film (en import zone 1, full english donc …), vous pouvez aller ici.
Si vous voulez en savoir plus sur Edie Sedgwick, vous pouvez trouver ici une sélection de livres sur elle, et ici, un site internet qui lui est consacré et que j’ai trouvé intéressant. Par ailleurs, les articles en français et en anglais de Wikipédia pourront vous en apprendre aussi pas mal.
Pour mémoire, je vous avais déjà parlé de Sienna Miller, ici, au sujet de son interprétation dans le film Layer Cake, qui est aussi pour moi un film à voir.
Bon, et pour se réchauffer … une petite soupe Campbell ?
Très bonne journée à toutes et à tous ;o))